Le packaging des programmes CPC à travers les âges !
(c) Tom et Jerry GPA 2002 * Maj du 18/04/2003
Encore un sujet d'article surprenant et novateur ! Peu de personnes se sont
intéressées aux emballages qui protégeaient et protègent toujours nos chers
originaux CPC. Pourtant, ce domaine, de prime abord sans interêt, réserve
quelques surprises et anecdotes que tout Amstradiste se doit de connaître.
Certains d'entre vous vont regretter de n'avoir jamais acheté
d'originaux !
Je précise que les années des différentes périodes n'engagent que moi, il
est bien difficile de dire quand un type de packaging a été utilisé...
I Les débuts... (1984 - 1985)
Les premiers jeux CPC vendus se présentent en général sous forme de
cassettes, CPC 464 oblige... Dans la plupart des cas, le packaging se
limite juste à un boitier en plastique transparent standard, une jaquette
souvent aguicheuse, et éventuellement, une petite documentation succinte
(typiquement, les programmes Amsoft).
La notice des logiciels étrangers est parfois traduite, dans un français plus
ou moins fantaisiste, parfois à la limite de l'incompréhensible...
Pour les disquettes (rares et chères !), même combat, les éditeurs
reprennent le boitier plastique standard, une jaquette, et toujours la même
notice au format timbre poste !
Mis à part ces deux modèles, non spécifiques, on peut aussi citer les boîtes
utilisées pour d'autres machines. Loriciels a par exemple au début vendu ses
jeux (Rally 2, 3d fight) dans une petite boîte en plastique "mou", assez jolie
et pratique au demeurant, qui nous vient tout droit du monde Oric. Ce modèle a
été aussi utilisé par d'autres éditeurs français (Core, No man's land).
Chez nos amis anglais, on a a peu près le même format de boîtier, mais ce
dernier est plus rigide. Il a souvent été utilisé par Amsoft pour la série
"Gold" (3d Grand prix par exemple) et Interceptor Micro, l'éditeur des fameuses
aventures style "Jewels of Babylon".
Anecdote rigolote, certains éditeurs utilisent le même support pour vendre
différentes version d'un jeu. Lorsque vous achetiez par exemple SPY vs SPY de
Beyond software, pour le même prix, vous aviez la version Amstrad et la
version Atari 800xl ! Cette pratique se retrouvera plus tard chez Mastertronic
(une face Amstrad, une face Spectrum) et même chez de prestigieux éditeurs
(disquettes 3 pouce Amstrad/Spectrum+3 chez U.s.Gold).
Dans le même esprit, une pratique heureusement assez rare a été utilisée. La même
jaquette d'un jeu servait pour plusieurs machines. Dans le meilleur des cas,
un autocollant permet de connaître l'ordinateur ciblé, dans le pire, on trouve
des coups de marqueur noir sur les noms des machines non concernées par le
programme vendu !
II De nouveaux formats apparaissent (1985 - 1988)
Petit à petit, sont arrivés de nouveaux formats d'emballages, plus
volumineux, censés mieux protéger les supports et proposant "plus de place" pour
les documentation. On peut citer :
le format "pochette" rigide, 20x10cm, célèbre car utilise par U.s.Gold pour
ses compilations "They Sold a million 1 & 2". Il a disparu assez vite,
probablement du fait de son encombrement et parce qu'il était trop plat pour
accueillir des cassettes !
Le format boîte en plastique dur transparent, 10x8cm, utilisé par un nombre
important d'éditeurs (Mirrorsoft, Chip, U.s.Gold, etc...), et qui a duré de
nombreuses années. L'emballage se caractérise par sa grande fragilité, et
bien rares sont les boîtes encore intactes... De plus, avec des notices un
peu épaisses, on ne peut même pas fermer correctement le boitier. Bref, on
se demande pourquoi il a été autant utilisé (probablement pas cher !).
Le format boîte en plastique "mou", 15x15, utilise souvent par Domark pour
ses premiers jeux (A view to a Kill). Une boîte costaud, et qui permet
indifferement d'y stocker des cassettes ou une disquette.
Un format boîte en carton 20x10, de bonne finition, principalement utilisé
par Ariolasoft et l'éditeur allemand Rainbow arts.
Du côté des petits français, on trouve un peu de de tout. Des boîtiers au
format cassette vidéo d'éditeurs comme Cobra Soft ou Coktel vision, aux
emballages très classes mais fragiles des jeux Ere informatique (boîtier en carton
et polistirène protègeant la cassette ou la disquette). En terme de packaging,
il y a eu une spécificité francaise ! Les moins fortunés se contentent parfois de
mettre les disquettes avec leur boîte d'origine dans des sachets plastiques
contenant la notice (Core) !
III Les affres du marché, la standardisation (1988 - 199x ?)
Au fil du temps, les emballages se rationnalisent et s'embourgeoisent. Pour
les cassettes, on ne trouve plus la petite boîte toute simple que chez les
éditeurs de budgets (Mastertronic, Firebird, etc... ). Pour les disquettes,
plus personne n'utilise le boitier plastique d'origine.
Chez les éditeurs 'sérieux', la mode est à la boîte en carton, multi-machines
(Amstrad, Atari, Amiga et PC), compatible cassette & disquette (quoique.. ),
grosse et pas bien solide. Tout le monde s'y est mis, éditeurs francais aussi
bien qu'étrangers. Seul véritable avantage, son épaisseur permet de loger de
copieuses notices, pas toujours d'ailleurs faites pour le CPC. Je suppose que
cela devait aussi être plus facile à mettre en rayons pour les vendeurs...
Les adeptes de ce format sont Microprose (ça se comprend, car leurs jeux sont
très souvent accompagnés de grosses notices), Accolade (ça cachait la nullité
de leurs softs...), la famille U.s.Gold/Ocean (Platoon, Dailey Thompson's
olympic challenge, etc.. ) et tous les éditeurs refourguant leurs vieux jeux
dans des compilations de plus en plus monstrueuses (jusqu'à 20 titres !).
Parallèlement, de petits emballages en carton apparaissent (format 10x8). La
encore, la solidité n'est pas au rendez-vous, on risque d'abimer la boîte à
chaque ouverture. U.s.gold s'en est servi sur plusieurs titres (Alien Storm,
par exemple).
Un autre format de boîte en plastique transparent voit le jour (15 x 15),
plus plat que celui existant. Il est encore plus cassant ! On le trouve
principalement chez les éditeurs d'educatifs (Nathan, Génération 5, etc..)
mais quelques éditeurs de jeux s'en servent de temps en temps (Loriciels,
pour ne pas le citer !).
Tout à la fin de la vie commerciale du CPC, quelques softs ont des emballages
se rapprochant fortement de ce que nous connaissions sur PC à la fin des années
90, c'est à dire une grosse boîte en carton avec jaquette amovible.
Elle a par exemple été utilisée par Titus pour le jeu Prehistorik 2.
IV Les packaging exotiques
S'il existe un éditeur célèbre pour ses packagings, c'est bien Cobra
Soft. Assez rapidement, il a sorti des jeux pour lesquels la
présentation est très importante. On peut citer la série des "Meurtres", qui
contenaient dans les boîtes des indices divers necessaires à l'enquête, le
monstrueux "Hms Cobra", dont la boîte ressemble à celle utilisée pour les
wargames sur plateau. Cobra s'est aussi signalé par quelques coups de pub
en sortant des programmes collant a l'actualité (Dossier G, Cessna over
Moscow), mais sans réel interêt ludique.
La société Infogrames doit elle aussi être citée pour son dynamisme. Son plus
beau fait d'arme est sans conteste le packaging de "La geste d'Artillac". La
boîte n'était rien de moins qu'une copie de vieux grimoire ! Infogrames a par la
suite vendu certains de ses jeux accompagnés d'une bd ("Les passagers du vent",
"Iznogoud", etc..), idée qui a été repompée par Coktel Vision pour quelques
titres ("Asterix ches Rahazade").
Loriciel a de temps en temps fait de belles choses. Le packaging de "Turbo
cup" par exemple, qui en fait était une boîte contenant une véritable Porsche
944 miniature.
Ponctuellement, certains éditeurs ont fait des "coups", en profitant d'évènements
sportifs. Les boîtes arboraient fièrement la licence officielle des
compétitions, un argument de vente non négligeable... Par exemple, pour la
coupe du Monde de football 1986, U.s.Gold a sorti un jeu de... foot, contenant
des autocollants, et un beau poster permettant de suivre l'évolution de la
compétition.
Palace Software a profité de la plastique avantageuse de la soeur du musicien
David Whitakker pour vendre le jeu "Barbarian 2" avec un beau poster. J'en
connais certains qui ont acheté le jeu rien que pour l'affiche !
Konami a fait une rapide incursion dans l'édition de softs CPC, avant de céder
des licences à Imagine. Logique commerciale oblige, les emballages de jeux
comme Nemesis ou Jail Break sont les mêmes que leurs homologues sur Msx !
Ocean lui se distingue du lot, en proposant avec quelques uns de ses jeux une
cassette contenant de la musique. L'idée a ete lancée avec le jeu "Frankie",
contenant la cassette du hit "Relax" de "Frankie goes to Hollywood". Elle
a été reprise quelques années plus tard avec "Platoon" et "Dailey Thompson's
olympic challenge". U.s.Gold, à ma connaissance, a fait de même une fois, lors
de la sortie du jeu "Trantor".